[article]
| Titre : |
L'eucharistie des origines : Datation et déroulement, à la lumière des sources syriaques |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Francesco Celi, Auteur |
| Année de publication : |
2011 |
| Article en page(s) : |
pp. 9-36. |
| Langues : |
Français (fre) |
| Résumé : |
L’étude comparative de documents des trois premiers siècles sur l’eucharistie (manuscrits du Nouveau Testament syriaques, grecs, latins, le codex D, la Vetus latina), étendue aux usages des rituels juifs des deux repas du sabbat (décrits dans le Talmud de Jérusalem), complétée par leur transposition graduelle dans l’Église araméenne, du côté judéo-chrétien, et dans l’Église de l’empire gréco-romain, du côté non juif, et revue à partir de la liturgie romaine, permet de fonder les conclusions suivantes : la dernière cène de Jésus n’a pas été le repas de la pâque juive ; les chronologies de Jean et des Synoptiques sur la dernière cène concordent ; la cène a reçu, suivant les Actes et au premier siècle, le nom de fraction du pain, conçu comme corps du Christ (lequel n’avait pas donné le sens de sang au vin, suivant le codex D) ; les repas du sabbat sont pris comme modèle hebdomadaire du rite : l’Église assyrienne garde les deux jours du vendredi et du samedi pour la sanctification (anaphore d’Adaï et Mari, pour les araméens) ; ce texte et celui de la Didachè, confectionné pour la chrétienté gréco-latine, sont rédigés avant l’édition des évangiles ; le premier est utilisable pour les deux jours mais, conformément au modèle juif, la Didachè présente deux eucharisties, l’une pour la veille du sabbat avec la coupe qui précède le pain et le repas, l’autre avec l’ordre l’inverse, le pain puis le vin; sortant des usages du sabbat, les Églises ont progressivement combiné les deux rites en un seul jour hebdomadaire, le dimanche, en Occident, avec le pain puis le vin ; de ce fait, par symétrie, l’on a introduit la déclaration du Christ sur le vin comme son sang, avec obligation d’abandonner les eucharisties célébrées avec de l’eau, tolérées pour la clôture du sabbat. Ce travail rappelle que le recours au syriaque, première langue de la chrétienté, est indispensable pour comprendre les évangiles et les épitres de Paul et que le judaïsme est aux racines de la liturgie chrétienne, la Sheqinah devenant en quelque sorte Maranatha. |
in Revue d'histoire ecclésiastique > 106/1 (janv.-mars 2011) . - pp. 9-36.
[article] L'eucharistie des origines : Datation et déroulement, à la lumière des sources syriaques [texte imprimé] / Francesco Celi, Auteur . - 2011 . - pp. 9-36. Langues : Français ( fre) in Revue d'histoire ecclésiastique > 106/1 (janv.-mars 2011) . - pp. 9-36.
| Résumé : |
L’étude comparative de documents des trois premiers siècles sur l’eucharistie (manuscrits du Nouveau Testament syriaques, grecs, latins, le codex D, la Vetus latina), étendue aux usages des rituels juifs des deux repas du sabbat (décrits dans le Talmud de Jérusalem), complétée par leur transposition graduelle dans l’Église araméenne, du côté judéo-chrétien, et dans l’Église de l’empire gréco-romain, du côté non juif, et revue à partir de la liturgie romaine, permet de fonder les conclusions suivantes : la dernière cène de Jésus n’a pas été le repas de la pâque juive ; les chronologies de Jean et des Synoptiques sur la dernière cène concordent ; la cène a reçu, suivant les Actes et au premier siècle, le nom de fraction du pain, conçu comme corps du Christ (lequel n’avait pas donné le sens de sang au vin, suivant le codex D) ; les repas du sabbat sont pris comme modèle hebdomadaire du rite : l’Église assyrienne garde les deux jours du vendredi et du samedi pour la sanctification (anaphore d’Adaï et Mari, pour les araméens) ; ce texte et celui de la Didachè, confectionné pour la chrétienté gréco-latine, sont rédigés avant l’édition des évangiles ; le premier est utilisable pour les deux jours mais, conformément au modèle juif, la Didachè présente deux eucharisties, l’une pour la veille du sabbat avec la coupe qui précède le pain et le repas, l’autre avec l’ordre l’inverse, le pain puis le vin; sortant des usages du sabbat, les Églises ont progressivement combiné les deux rites en un seul jour hebdomadaire, le dimanche, en Occident, avec le pain puis le vin ; de ce fait, par symétrie, l’on a introduit la déclaration du Christ sur le vin comme son sang, avec obligation d’abandonner les eucharisties célébrées avec de l’eau, tolérées pour la clôture du sabbat. Ce travail rappelle que le recours au syriaque, première langue de la chrétienté, est indispensable pour comprendre les évangiles et les épitres de Paul et que le judaïsme est aux racines de la liturgie chrétienne, la Sheqinah devenant en quelque sorte Maranatha. |
|  |