[article]
| Titre : |
L’HYPOTHÈSE INÉLUCTABLE… |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Marie-Anne Lescourret, Auteur |
| Année de publication : |
2025 |
| Article en page(s) : |
439–449 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Résumé : |
Avant de se consacrer à l’écriture, Robert Musil (1890-1942) était un scientifique. Ingénieur de formation, il consacra une thèse au physicien autrichien Ernst Mach pour lequel les sciences exactes ne se pratiquaient pas à l’exclusion des sciences « molles », la psychologie et la philosophie. Si bien que, très ironique à l’endroit des convictions et pratiques religieuses qu’il fustige tout au long de ses romans, Musil n’en tient pas moins compte des expériences humaines susceptibles de brouiller en « ratioïde » la conception du rationnel, jamais exempt à ses yeux de probable ou de possible, ou de ce qui, sans se fondre dans la mystique, relève de ce que Musil appelle « l’autre état ». Par ce dernier, s’ouvre l’accès sinon aux « nombres imaginaires » de Törless ou à la « grandeur inconnue » de Broch, du moins à ce que d’autres nomment l’absolu ou le divin, et qui pour Musil, toujours scientifique, ne peut être qu’une « hypothèse inéluctable ». Il en traite dans une théologie laïque, non exclusive toutefois de références à saint Paul. L’accent porté par Musil sur la notion de possible qui dissout la séparation entre le physique et ce qui le dépasse pourrait annoncer ce que Frédéric Nef considère comme la troisième voie de la métaphysique, la métaphysique du possible. |
in Science et Esprit > volume 75/3 (2024) . - 439–449
[article] L’HYPOTHÈSE INÉLUCTABLE… [texte imprimé] / Marie-Anne Lescourret, Auteur . - 2025 . - 439–449. Langues : Français ( fre) in Science et Esprit > volume 75/3 (2024) . - 439–449
| Résumé : |
Avant de se consacrer à l’écriture, Robert Musil (1890-1942) était un scientifique. Ingénieur de formation, il consacra une thèse au physicien autrichien Ernst Mach pour lequel les sciences exactes ne se pratiquaient pas à l’exclusion des sciences « molles », la psychologie et la philosophie. Si bien que, très ironique à l’endroit des convictions et pratiques religieuses qu’il fustige tout au long de ses romans, Musil n’en tient pas moins compte des expériences humaines susceptibles de brouiller en « ratioïde » la conception du rationnel, jamais exempt à ses yeux de probable ou de possible, ou de ce qui, sans se fondre dans la mystique, relève de ce que Musil appelle « l’autre état ». Par ce dernier, s’ouvre l’accès sinon aux « nombres imaginaires » de Törless ou à la « grandeur inconnue » de Broch, du moins à ce que d’autres nomment l’absolu ou le divin, et qui pour Musil, toujours scientifique, ne peut être qu’une « hypothèse inéluctable ». Il en traite dans une théologie laïque, non exclusive toutefois de références à saint Paul. L’accent porté par Musil sur la notion de possible qui dissout la séparation entre le physique et ce qui le dépasse pourrait annoncer ce que Frédéric Nef considère comme la troisième voie de la métaphysique, la métaphysique du possible. |
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